August 4, 2026 · Sibongile Mkhize
Le PAC mise sur un ex-ANC pour conquérir Johannesburg
Thami Ka Plaatjie, exclu du PAC en 2003, revient pour briguer la mairie de Johannesburg.
Le retour de l'enfant prodigue, version politique africaine
Il existe une logique particulière dans la décision de confier la tête de liste d'une métropole à quelqu'un que le parti a lui-même chassé de ses rangs il y a plus de vingt ans. Ce n'est pas forcément de l'hypocrisie. C'est parfois la seule arithmétique disponible.
Lundi, le Pan Africanist Congress a annoncé lors d'une conférence de presse la composition de ses candidatures pour plusieurs grandes zones métropolitaines du pays. La pièce maîtresse de la journée: Thami Ka Plaatjie, de retour au PAC après son exclusion en 2003, désigné candidat du parti à la mairie de Johannesburg. Le temps écoulé entre son départ forcé et ce retour en fanfare a été rempli de biographies institutionnelles qui compliquent considérablement le récit.
Ka Plaatjie n'est pas rentré les mains vides. Il a traversé l'African National Congress, puis s'est retrouvé en service gouvernemental à titre de conseiller principal pour le ministère du Logement humain, de l'Eau et de l'Assainissement, sous la direction de l'ancienne ministre Lindiwe Sisulu. Avant tout cela, il avait occupé le poste de secrétaire général du PAC lui-même, et il a consacré un livre à Robert Mangaliso Sobukwe, fondateur et premier président du parti. Son parcours traverse précisément les structures que le PAC prétend aujourd'hui combattre. Cette tension n'est pas signalée comme un problème. Elle est présentée comme une candidature.
Le jour de la conférence portait sa propre charge symbolique. Ka Plaatjie était en déplacement vers Robert Sobukwe, la ville anciennement connue sous le nom de Graaff-Reinet, où la tombe du fondateur avait été vandalisée. La coïncidence n'était pas anodine: un parti qui mobilise le souvenir de ses origines se retrouve à gérer simultanément la profanation de leur incarnation la plus concrète.
Le reste de l'ardoise de candidats dessine l'étendue des ambitions métropolitaines du PAC. Victor Serakalala, vice-président du parti, briguera la mairie d'Ekurhuleni. APA Pooe, secrétaire général, a été désigné pour Emfuleni. Mbuyiselo Kantsu, organisateur national, se présentera à Sedibeng. Ce déploiement simultané sur plusieurs juridictions est lui-même un message: le parti n'entend pas se contenter d'un nom symbolique à Johannesburg pendant que le reste du terrain reste vacant.
C'est Pooe qui a posé le cadre rhétorique de la campagne. Il a décrit l'enjeu comme une rupture avec ce qu'il qualifie d'ère de négligence, de corruption, de patronage politique et d'arrogance. Le PAC, selon lui, entend perturber ce schéma. Pooe a également évoqué des mois de préparation soutenue, incluant une stratégie électorale nationale consolidée et des cellules de coordination provinciales, régionales et municipales. L'expression utilisée mérite qu'on s'y arrête: des "war rooms", des salles de guerre, montées pour coordonner les efforts sur le terrain.
Au-delà de la logistique, Pooe a décrit une mobilisation communautaire articulée autour de quatre axes: la terre, la dignité, la responsabilité et une gouvernance locale fiable. Ce cadrage vise les préoccupations matérielles et les performances administratives plutôt que la seule identité héritée de l'ère de libération. Pour un parti dont la présence publique a longtemps reposé presque exclusivement sur ce legs historique, le glissement est réel.
La candidature de Ka Plaatjie à Johannesburg, après une expulsion et des années passées ailleurs, donne l'impression d'un parti qui cherche à réconcilier ses fractures internes autour d'un projet électoral unique. L'expérience accumulée, les réseaux constitués hors du PAC, le lien biographique avec Sobukwe: tout cela construit une candidature qui est, au moins sur le papier, plus que symbolique.
Ce que les élections locales trancheront, c'est si des mois de travail en salles de guerre se convertissent en voix réelles à Johannesburg, à Ekurhuleni et au-delà. Les partis ont une longue tradition de préparer des campagnes impeccables pour des résultats que personne ne revendique ensuite.