2 septembre 2026 · Sibongile Mkhize
Afrique du Sud : quand les campagnes de sensibilisation aux overdoses ne suffisent plus
Le gouvernement sud-africain admet que la sensibilisation seule ne peut pas enrayer la crise des overdoses.
En Afrique du Sud, la crise des overdoses attend encore mieux que des journées de sensibilisation
Il existe un moment précis où une institution reconnaît, publiquement et sans ambiguïté, que ses propres outils ne suffisent plus. Ce moment est rarement confortable. Le Department of Social Development d'Afrique du Sud vient de le vivre lors de la Journée internationale de sensibilisation aux overdoses, célébrée le 31 août dernier.
La journée commémorait vingt-cinq ans d'efforts collectifs sous le thème mondial "25 Years On. Still Needed." Un rassemblement a eu lieu au Galeshewe Recreational Hall de Kimberley, réunissant des représentants gouvernementaux, des organisations de la société civile, des prestataires de services, des jeunes et des membres de communautés locales. Le choix du lieu importe peu. Ce qui importe, c'est ce que le département a dit ce jour-là: les campagnes de sensibilisation ne constituent pas une réponse à la crise, elles en sont tout au plus le préambule.
La formulation officielle était directe. La sensibilisation crée la compréhension, la compréhension renforce la prévention, et la prévention peut sauver des vies. C'est une chaîne logique propre, presque élégante, qui ne tient que si chaque maillon est solidement arrimé. Le département reconnaît lui-même que l'arrimage reste insuffisant.
Les dispositifs existants couvrent pourtant un spectre large: prévention, intervention précoce, traitement, réhabilitation, soutien psychosocial, accompagnement des familles, mobilisation communautaire et orientations vers les services appropriés. Le problème n'est pas l'absence de structures. C'est leur fonctionnement en parallèle plutôt qu'en coordination réelle. Le département de la Santé, la South African Police Service, les municipalités, les établissements scolaires, les organisations communautaires, les structures confessionnelles et les ONG sont tous cités comme partenaires indispensables. La liste est longue. Les mécanismes concrets qui permettraient à ces acteurs de travailler de façon véritablement intégrée restent, eux, moins clairement définis.
Les jeunes occupent le centre du dispositif stratégique national. Le département insiste sur la nécessité de commencer tôt, en offrant aux jeunes des environnements porteurs, des alternatives positives et un accès fiable à l'information et aux services. Les travailleurs sociaux, les organisations de jeunesse et les écoles sont présentés comme des points de contact essentiels, capables d'identifier les signaux d'alerte avant qu'ils ne s'aggravent.
La stigmatisation, elle, demeure un obstacle structurel que les organigrammes institutionnels ne peuvent dissoudre seuls. Les personnes touchées par la consommation de substances ont besoin d'être traitées avec dignité et compassion, et non soumises au jugement collectif. À Kimberley comme ailleurs, le département a appelé les familles, les enseignants, les responsables communautaires et les organisations locales à créer des espaces sûrs où ces questions peuvent être discutées ouvertement. C'est un appel juste. Sa traduction concrète dans des communautés qui portent simultanément la charge économique et émotionnelle de la crise est une autre affaire.
Par contraste, les familles occupent une position particulière dans ce schéma. Les parents et les aidants sont invités à parler de la consommation de substances avec les jeunes qu'ils accompagnent. Les écoles doivent renforcer les mécanismes d'identification précoce. Les organisations confessionnelles et communautaires sont sollicitées pour soutenir les familles et promouvoir les voies de rétablissement. Ce partage des responsabilités est cohérent en théorie. Il présuppose des ressources, du temps et des compétences que toutes les familles concernées ne détiennent pas nécessairement.
Le département a également rappelé aux personnes préoccupées par leur propre consommation, ou par celle d'un proche, de solliciter une aide précoce auprès des bureaux locaux du Department of Social Development, de travailleurs sociaux, de services de santé ou de prestataires reconnus. En cas de suspicion d'overdose, la réponse clinique doit être guidée par des professionnels de santé qualifiés. Des informations complémentaires sur l'approche coordonnée sont disponibles à l'adresse suivante: https://www.sanews.gov.za/south-africa/social-development-calls-stronger-action-prevent-substance-related-harm.
Vingt-cinq ans de Journée internationale de sensibilisation aux overdoses constituent un repère utile. Ils permettent de mesurer la distance entre ce qui a été dit et ce qui a été fait, entre la reconnaissance d'une crise de santé publique et les ressources réellement mobilisées pour y répondre. Le département formule aujourd'hui des appels à une meilleure intégration et à une coordination renforcée. Ce sont des objectifs légitimes (et ils l'étaient déjà il y a dix ans). La vraie question, celle que les vingt-cinq prochaines années se chargeront de trancher, est de savoir si les ressources suivront enfin la rhétorique.